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L'INTERVIEW DE LA SEMAINE

Entretien avec François Lombard, Président de Turenne Investissement


La société de capital-investissement réalise une augmentation de capital afin de tirer profit des opportunités du marché. Rencontre.


Pouvez-vous brièvement nous présenter le groupe Turenne Capital ?

François Lombard : Turenne Capital comprend plusieurs activités. Nous gérons aujourd’hui environ 300 millions d’euros. Cette somme est comprise dans trois domaines différents que sont la gestion d’ASCPR pour des investisseurs institutionnels, c'est-à-dire des FIP et des SCPI à hauteur d’environ 250 millions d’euros ; le capital risque avec Turenne Investissement, cotée sur Alternext ; et nous avons également une holding ISF, société distincte affiliée à notre groupe, nommée Renaissance Corporate et qui gère des actifs pour des clients ou des sociétés liées à l’ISF.

Nous avons deux implantations, l’une à Paris, l’autre à Marseille. Notre effectif est constitué d’une quinzaine de personnes dont huit investisseurs.

 

Nous allons nous intéresser plus particulièrement à Turenne Investissement. La conjoncture actuelle est-elle favorable au capital développement ?

F. L. : Le capital développement se trouve dans une niche spéciale, tout à fait attractive. En effet, les grands LBO ont de la peine à se développer, notamment car ils ne trouvent pas de dettes, les sociétés de venture capital au contraire ont de la difficulté à trouver des sorties. Les entreprises ont besoin de fonds propres pour financer leur croissance, elles s’adressent donc au capital développement. Cela vient d’une part d’une substitution de la bourse qui pouvait les financer dans le passé et également d’une substitution de dettes bancaires qui sont beaucoup plus difficiles à obtenir. Nous répondons donc à une vraie demande de croissance des entreprises qui se dirigent vers l’international, cherchent le développement. Il y a également une demande des entreprises technologiques qui ont besoin de financement et des entreprises familiales qui recherchent de la liquidité, notamment pour permettre des sorties à des actionnaires minoritaires. De l’autre côté, il existe une offre, notamment de family office qui ne souhaitent pas forcément investir à 1% dans des Sicav monétaires et qui peuvent trouver, à travers des produits de capital développement, une rentabilité et une diversification qui correspond à leur stratégie financière. Nous sommes ainsi «the right team at the right place», comme le diraient les anglo-saxons…

 

Quel est votre positionnement stratégique ?

F. L. : Nous faisons de l’accompagnement d’entreprises ayant une taille inférieure à 50 millions d’euros, nous sommes également présents dans le capital transmission, c'est-à-dire les OBO ou la reconfiguration du capital. Nos secteurs privilégiés sont le développement durable où la demande est très forte, la santé qui est un secteur à la fois en croissance et résistant à la conjoncture, les services externalisés, et la distribution. Nous sommes positionnés sur la France. Nous sommes une société de gestion indépendante, c’est-à-dire que nous ne sommes pas affectés par les soubresauts de la maison-mère ou d’autres services de Sicav monétaires et autres. Enfin, nous pouvons à la fois être majoritaires ou minoritaires, dans le capital de l’entreprise. Nous sommes généralement minoritaires afin d’accompagner des entrepreneurs de qualité.

 

Au 30 septembre, comment se composait votre ANR ?

F. L. : Au 30 septembre, notre ANR représentait à peu près 8.31 euros par action. Nous avions 16 sociétés en portefeuille : 2 sociétés revalorisées : Mediastay, et Serf-Dedienne Santé, 11 sociétés valorisées à leur prix de revient, et 3 sociétés légèrement provisionnées : Aston Medical, pour des raisons techniques, Climadiff, qui souffre un peu de la vente de caves à vin, et une société de distribution Béranger, portant la marque Carven, qui a un peu souffert de la crise, mais nous pensons qu’elle devrait tirer son épingle du jeu dans les prochains mois.

Nous avons par ailleurs 2.6 millions d’euros de trésorerie placés dans des fonds monétaires et obligataires.  Au total, notre ANR ressort à 8.31 euros par action, alors que le cours de bourse est aujourd’hui de 5.10 euros par action, soit une décote de 40%.

 

Vous annoncez une augmentation de capital. Quelles sont les caractéristiques de celle-ci et quel est son but ?

F. L. : Nous souhaitons lever entre 10 et 12 millions d’euros, pour tirer profit des opportunités existant aujourd’hui et pour lesquelles les multiples de valorisation sont plus faibles, et de permettre à notre véhicule coté d’avoir une taille critique pour pouvoir offrir plus de liquidités à nos actionnaires. Le prix d’émission est de 5 euros par action, avec une parité dans laquelle chaque actionnaire aura droit de pouvoir exercer son droit préférentiel de souscription : trois DPS (droits préférentiels de souscription) permettant d’acheter deux actions nouvelles à 5 euros l’action. L’opération a été lancée le 4 novembre et va s’arrêter le vendredi 20 novembre. P

 

Pourquoi investir dans Turenne Investissement, aujourd’hui ?

F. L. : Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, nous offrons un accès simple et direct au capital investissement, nous avons un régime fiscal attractif, un portefeuille de qualité principalement positionné sur des secteurs porteurs qui recèlent un potentiel d’appréciation d’à peu près 50 %. Nous avons une équipe de gestion impliquée et cela nous semble un bon moment pour tirer profit de valorisations de PME attractives, d’investir dans des actifs fondamentaux dans lesquels on connaît les entreprises et non pas dans des produits financiers plus difficiles à comprendre.

Investir dans  TurenneInvestissement c’est miser vraiment sur le développement des PME, créatrices d’emplois et qui vont chercher la croissance à l’export.

 

Alternext est un compartiment qui vous convient ou souhaiteriez-vous changer, à l’avenir ?

F. L. : Alternext est un compartiment qui nous convient très bien, car il nous permet de lever des fonds au fur et à mesure, d’avoir une certaine liquidité. Il faudrait de toute façon que nous ayons une taille critique beaucoup plus importante pour aller sur un autre compartiment, mais ce sera peut-être l’avenir.

 

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