Entretien avec Thierry Sauvage, Directeur Général d'OL Groupe
OL Groupe a connu un exercice 2008/2009 impacté par une conjoncture économique défavorable. Il mise sur la conclusion de nouveaux partenariats et sur une équipe compétitive pour améliorer ses performances.
Comment s’est déroulé l’exercice 2008/2009 ?
Thierry Sauvage : Nous avons atteint un degré de performance global satisfaisant avec des lignes de produits dont l’activité, pour la billetterie et les partenariats publicitaires, est en hausse et atteint des plus hauts historiques, malgré un contexte difficile. Nous avons par ailleurs connu un trading de joueurs très satisfaisant sur l’exercice. Cela dans un contexte sportif qui correspond exactement au plan que nous nous sommes fixé, soit être dans les trois premiers du championnat de façon récurrente. Nous jugeons donc cette année satisfaisante sur la plupart des lignes de produits.
La crise économique a quand même eu un impact sur la vente de produits dérivés…
T. S. : Nous ressentons en effet le contexte actuel sur les ventes des produits dérivés de la marque. Pour le grand public, il existe une appétence peut-être un peu moins importante, du fait des difficultés environnantes.
Certains partenariats, tels Accor ou Renault Trucks ont pris fin. Quels sont désormais vos nouveaux partenaires ?
T. S. : Effectivement, ces partenariats ont pris fin en début d’exercice 2009/2010. Il est bien évident que dans le contexte économique actuel, les choses sont beaucoup plus difficiles. Nous avons signé un partenariat avec la société Betclic, un site de paris en ligne. La législation ne nous permet pas de l’afficher en France pour le moment, alors que nous avons joué des matchs à l’extérieur, en Champions League, avec ce partenaire.
Notre niveau de partenariat est donc moins important que l’an passé, notamment en raison du retard législatif. Le vote de cette loi était prévu initialement pour l’été dernier, ce qui nous aurait permis de jouer toute la saison avec notre partenaire si elle avait été votée en temps et en heure. Cela nous pénalise forcément sur l’exercice en cours. La loi a finalement été votée en octobre à l’Assemblée nationale et elle doit maintenant passer au Sénat, mais la date n’est pas encore véritablement fixée. Cela fera en décembre ou janvier prochain. En tout cas, nous espérons qu’elle soit promulguée le plus rapidement possible, de façon à ce que l’effectivité de notre partenariat puisse jouer pleinement son rôle.
Vous avez également conclu un protocole d’accord avec Adidas, pour fournir les maillots de l’OL à partir de la saison 2010/2011. Ce partenariat est-il plus intéressant que celui qui avait été conclu avec Umbro ?
T. S. : C’est le contrat le plus important que le club ait jamais signé sur la durée, en termes de montant. Ce contrat avec Adidas est effectivement très important, beaucoup plus que celui d’Umbro. Il nous permet de plus d’avoir une notoriété, une exposition de la marque, très forte et un circuit de distribution certainement plus efficient que par le passé. Cela nous permet d’envisager, à partir de la saison prochaine, des ventes de produits accrues grâce à ce partenaire.
Un partenariat avec GE Money Bank a également été conlu…
T. S. : C’est un accord qui fonctionne bien, qui repose sur une carte de crédit, une carte moderne de vente. Le secteur des banques n’est pas très bien représenté dans le football français à travers ses partenariats et le partenariat avec GE Money Bank nous a permis d’intéresser ce secteur à la vie d’un club.
Globalement, la crise nous amène à être plus imaginatif que par le passé. Ainsi, lors du récent match contre Marseille, nous avons joué avec un artiste, Koolshen, sur le maillot. C’est Betclic qui a proposé ce maillot à Koolshen, de façon à faire parler de l’artiste, et à faire parler de Betclic.
Le montant du transfert de Karim Benzema vous a-t-il déçu ?
T. S. : Non, il ne pouvait pas nous décevoir. Nous avions un joueur qui souhaitait aller au Real de Madrid, certainement le plus grand club du monde avec Manchester United. Hors Manchester souhaitait également acquérir Karim. Ainsi, les deux plus gros compétiteurs en termes de moyens ont voulu ce joueur. Donc le prix qui nous a été offert reflète le prix de marché puisque les deux acteurs majeurs du marché étaient présents sur les négociations de ce transfert.
Où en est-on du projet du grand stade ?
T. S. : Tout évolue favorablement. Le projet s’est accéléré du fait notamment des dispositifs administratifs favorables adoptés durant l’été avec la promulgation de la Loi de développement et de modernisation des services touristiques dont un article reconnaît le caractère d’intérêt général des enceintes sportives Cette loi favorise, notamment, la construction de grands stades dans le cadre de la candidature de la France à l’Euro 2016. Parallèlement, nous sommes en cours d’arrêté de révision de Projet du Plan Local d'Urbanisme, ce qui était conforme à nos attentes. Donc ces deux évolutions nous permettent d’envisager la construction dans les délais qui ont été communiqués. Une mise en service du Grand Stade pourrait ainsi intervenir au deuxième semestre 2013.
C’est un projet soutenu par les Lyonnais ?
T. S. : Très fortement, 74% des Lyonnais souhaitent voir ce stade être implanté dans le projet qui est le nôtre, sur la commune de Décines.
Comment s’est déroulée l’activité sur le premier trimestre de l’exercice 2009/2010 ?
T. S. : Globalement, le produit des activités est en ligne avec le dernier exercice. Sur le plan sportif, nous avons beaucoup renouvelé l’équipe et procédé à des investissements assez importants cet été. Cette équipe nous donne satisfaction sur le plan sportif. Sur le plan de l’activité économique, là encore dans un contexte compliqué, nous arrivons à avoir des bonnes performances et des produits d’activité en lien avec l’exercice dernier.
L’OL sera-t-il présent lors du Mercato d’hiver ?
T. S. : Nous pouvons être amenés à l’être présent, mais nos besoins ne sont pas considérables. Nous nous sommes beaucoup renforcés et il existe une solidarité dans le groupe qui fait que les ressources morales de cette équipe et son équilibre du groupe sont très intéressants. Ce n’est certainement pas la peine de le bouleverser au Mercato d’hiver.
Le gouvernement a émis l’idée de supprimer le droit à l’image collectif. Quelle est votre position ?
T. S. : Nos réactions sont fortement négatives, puisque cela enlèverait un avantage compétitif à la totalité des clubs et des sports en France. Ce droit est un avantage pour les clubs, car il représente une exonération partielle de charges sociales sur la masse salariale des joueurs, mais ce n’est absolument pas une niche fiscale des joueurs. Donc le sujet a été très mal présenté, car il ne s’agit pas d’une niche fiscale. C’était une aide, en fait, pour salarier des gens de très haut niveau. Si tout devait être confirmé, cela empêcherait d’avoir une compétitivité accrue pour le futur au niveau européen puisque les traitements fiscaux ne sont pas identiques dans chaque pays. Nous sommes certainement la nation la plus lourdement imposée. Cette mesure, si elle venait à être confirmée, ne ferait qu’accroître la distorsion de concurrence.